Une édition anniversaire, comme rappel d’une présence en rallye
La première question qu’on est susceptible de se poser en voyant la Skoda Fabia 130 concerne son nom. 130, c’est le nombre d’années d’existence du constructeur en 2025. 130, c’est donc tout logiquement la puissance de ce modèle. Il n’est, fort heureusement, pas question d’une mesure en chevaux mais bien en kW, donnant 177 en chevaux. Elle fait également écho à la 130 RS, une petite bombinette de rallye produite à 200 exemplaires entre 1975 et 1980, à une époque où Skoda n’appartenait pas encore au Groupe Volkswagen. Aujourd’hui, et depuis septembre 2022, la Fabia de quatrième génération participe d’ailleurs au WRC2 avec une auto répondant à la réglementation Rally2 (ex-R5). Dans sa version civile, la citadine produite à Mladá Boleslav (Tchéquie) ne faisait jusqu’ici aucun clin d’œil à sa présence en compétition. La Fabia 130 corrige le tir tout en marquant le bel anniversaire de la marque.

La Fabia 130 est rabaissée d’environ 15 centimètres par rapport à sa version classique. Elle manque encore de précision dans la direction et d’un véritable châssis de sportive. N’est pas Polo GTI qui veut. © ZLSKstudio
Un style sportif, accentué par son superbe bleu !
Sur son stand au salon Rétromobile 2026, Skoda exposait la Fabia 130 pour la première fois au public français. Sa couleur Blanc Lune, malgré un toit noir, ne mettait pas réellement en avant l’esthétique de cette voiture de 4,13 mètres de long. Seuls les étriers rouges, les trois autocollants 130 et la double sortie d’échappement laissaient présager davantage d’agressivité que sa version courante, régulièrement dotée du calme moteur trois cylindres 1.0 TSi. C’est évidemment subjectif, mais le Blanc Lune n’était pas validé par l’essayeur écrivant ces lignes. L’effet « waouh » est, en revanche, bien présent avec le Race Blue de notre modèle d’essai !

Au milieu des pneus de 18 pouces, les disques de frein font particulièrement petits. Ils ont pourtant du mordant, mais on pourrait douter de leur endurance. © ZLSKstudio
Même sans être fan des lignes de la Fabia – qui se rapprochent fortement de celles de la BMW Série 1 dans cette couleur –, il serait malhonnête de ne pas dire qu’elle “claque”. Encore plus avec ses jantes bicolores en 18 pouces, qui rappellent indirectement le béquet noir. L’imposante calandre, également noire, harmonise le tout avec réussite. Les autocollants 130 ressortent encore davantage qu’avec la peinture blanche. On s’inquiète néanmoins de leur tenue dans le temps. Il aurait été préférable de leur offrir des badges métalliques, dans le même genre que ceux apposés sur l’Octavia RS. Mais vous aurez compris l’essentiel de notre pensée esthétique : le bleu, c’est vraiment mieux.

La gestion du régulateur de vitesse de la Skoda Fabia 130 est agréable. Après avoir ralenti d’elle-même, la voiture retrouve progressivement sa vitesse de croisière, sans chercher à l’atteindre à tout prix en rétrogradant. Confort garanti. © ZLSKstudio
Se laisser envelopper par les baquets, et oublier les plastiques durs
À bord de cette Skoda Fabia 130, l’effet « waouh » n’est pas autant au rendez-vous. Après avoir goûté aux sièges baquets de l’Octavia RS de dernière génération, ceux en textile de la citadine donnent moins envie. Ils sont pourtant très agréables, englobant bien les gabarits plus menus. On regrette l’absence de rappels sportifs : le logo 130 est tout simplement absent et aucun mode Sport n’est clairement visible. Le nombre à trois chiffres ne prend place que dans les passages de porte. Un détail appréciable, mais bien esseulé. Les plastiques durs, en revanche, sont présents un peu partout, et notamment dans les garnitures de portières. Seules les contreportes sont garnies d’un revêtement rembourré d’aspect carbone, que l’on retrouve également dans la partie inférieure de la planche de bord. Celle-ci est agrémentée d’un écran de taille raisonnable, parfaitement fonctionnel.
Du volant (chauffant) à la console centrale, les boutons restent titulaires. Tant mieux. Il y a, heureusement, des points positifs à souligner. À commencer par les élégantes poignées de portes, à l’image des bouches d’aération latérales.
Nous avons également apprécié l’interface digitale du conducteur, qu’il peut personnaliser à sa guise. La présence d’un frein à main mécanique convient également d’être citée. Concernant les places arrière, elles sont relativement étroites. L’assise a également été jugée assez dure par certains co-voyageurs. De son côté, le coffre de 380 litres permet d’aisément voyager à trois.
Une Fabia 130 agréable à conduire, moins à piloter ?
Tradition oblige, il faut ouvrir le capot avant de démarrer l’auto. Inutile de le contempler bien longtemps : ce 1.5 litre TSI n’a pas eu le luxe d’être enjolivé d’une plaque décorative aux couleurs du 130. Il n’y a rien, alors même que ce moteur en a dans le sac. Il est dérivé de la version de 150 chevaux, également commercialisée sur la Fabia. Pour en tirer profit, il ne reste qu’à appuyer plusieurs fois sur le bouton « Mode » et ainsi sélectionner le Sport. Si ce n’est l’indication précise du rapport enclenché par la boîte DSG7, aucune modification visuelle ou sonore n’intervient. À l’accélération, en revanche, on sent davantage de réactivité, notamment après 3 500 tr/mn où le couple maximal de 250 Nm est atteint. Pour profiter pleinement des 177 chevaux, il faudra néanmoins atteindre les 5 750 à 6 000 tr/mn.

La consommation moyenne, mesurée à chaque passage à la pompe, est de 7,65 l/100 km. Un pied léger peut aisément faire baisser ce score. © ZLSKstudio
Dommage de ne pas avoir eu le droit au bloc 2.0 de la Polo GTI, qui aurait certainement pu être dégonflé de quelques poneys pour passer de 207 à plus ou moins 190 chevaux. Malgré ses culbuteurs différents de la version de 150 chevaux, et son collecteur d’admission revu, notre Fabia 130 semble plus à l’aise en conduite souple. Même en mode Sport, son moteur se permet de tourner sur deux cylindres lorsqu’il est utilisé avec douceur. Avec davantage d’agressivité, nous pouvons profiter d’un 0 à 100 km/h abattu en 7,4 secondes et d’une vitesse maximale sur circuit de 228 km/h. Malgré un effet bateau assez marqué, donnant parfois l’impression de perdre le train arrière, la Fabia 130 se laisse malmener sans broncher. On aurait aimé avoir davantage de retours auditifs provenant de la double sortie d’échappement, ou même des haut-parleurs, s’il faut vraiment rester politiquement correct.

Malgré tout, celui qui voudra s’amuser avec la Fabia 130 trouvera largement de quoi faire. Heureusement, pour celle qui reprend le nom d’une Skoda de rallye. Mais dommage qu’elle n’ait pas de boîte manuelle. © ZLSKstudio
Moins de 8 l/100 km avec un pied encore un peu lourd
Sur des parcours variés impliquant davantage d’autoroutes, nous avons relevé une consommation moyenne de 7,94 litres aux 100 kilomètres, réduite à 7,43 l/100 km à vitesse moins élevée. L’ordinateur de bord, de son côté, indiquait respectivement 7,5 et 7,2 l/100 km. Ce dernier précise également la consommation à l’arrêt moteur tournant. En roulant de manière exemplaire, la DSG7 brille encore par sa souplesse, encore plus lorsque le mode Eco est activé. Nous repassons alors facilement sous la barre des 6 l/100 km. Cette boîte automatique est une bonne réussite du Groupe Volkswagen. Le conducteur peut toujours passer les vitesses aux palettes ou via le levier central. Pratique pour rétrograder rapidement, encore plus lorsque le mode Sport n’est pas activé.

Il est possible de couper les aides à la conduite, à commencer par l’alerte de dépassement de la vitesse, avec un bouton accessible sur le volant. Pratique. Très pratique. © ZLSKstudio
Toutes les photos illustrant cet essai ont été réalisées par Léa Fénelon (Instagram : @ZLSKstudio), un grand merci à elle !











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