Alors que le malus écologique peut atteindre des sommes astronomiques (jusqu’à 80 000 euros), se faire plaisir avec une voiture thermique n’est plus une mince affaire. Hors électrique, il devient en effet compliqué de s’offrir une « voiture plaisir » sans devoir débourser une somme à cinq chiffres pour le malus. Malgré ce triste constat, certains constructeurs ne se privent pas de produire quelques merveilles destinées à des passionnés. C’est le cas de BMW avec sa dernière déclinaison de M440i, version la plus sportive de la Série 4 Coupé.
Un look presque passe-partout pour la M440i Coupé
Au premier coup d’œil, le grand coupé ne semble pourtant pas destiné à réveiller le voisinage lorsqu’il passe dans la rue, ni à coller au siège son conducteur. Longue de 4,77 m, l’auto arbore un design relativement sage et bien moins agressif qu’une M4 par exemple. La face avant se distingue par un double haricot bien plus imposant que celui du récent iX3. Fidèles à la marque allemande, les feux avant conservent un esprit agressif et presque provocateur par leur aspect très sportif. On remarque évidemment le très long capot et les entrées d’air qui élargissent la face avant de l’auto.
De profil, elle a tout d’une berline familiale, à l’exception près qu’il s’agit d’une deux portes et qu’il faudra se montrer agile pour atteindre les places arrière malgré l’empattement de 2,85 m. La hauteur est moins impressionnante (1,38 m) en raison de la silhouette coupé de la voiture, dont le hayon plonge volontiers vers l’arrière. Le choix des jantes pourra se faire entre 18, 19 ou 20 pouces ; 19 pour la version de notre essai. Dotées de 5 doubles branches, elles représentent le seul aspect sportif du flanc de cette M440i, résolument sage et digne des meilleures voitures familiales du marché.
À l’arrière, le très discret becquet amène une légère touche de sportivité et est sublimé par des feux laser très travaillés. Ces derniers sont surplombés par l’inscription M440i qui concorde avec les deux énormes pots d’échappement nichés au cœur d’un diffuseur au caractère plus sportif.
Du choix à l’intérieur
L’intérieur propose 10 combinaisons de sellerie différentes, dont la noir et rouge du modèle essayé. Elle se compose de sièges en cuir baquets frappés du M. Les deux couleurs se retrouvent sur le volant (petit liseré rouge en partie haute) ainsi que sur l’accoudoir central. Les matériaux sont évidemment de qualité, le cuir est omniprésent tandis que de la fibre de carbone prend place sur la console centrale et en partie basse de la planche de bord.
Impossible d’échapper à l’immense double dalle d’écrans qui se compose d’un combiné d’instrumentation de 12,3 pouces derrière le volant, et d’un écran d’infodivertissement de 14,9 pouces. L’ensemble est très fluide et nous permet d’accéder aux divers réglages de la voiture, allant des réglages de conduite à la personnalisation de la signature lumineuse. L’ensemble est illuminé par un toit ouvrant très plaisant à ouvrir sous le soleil qui a frappé la France au cours des dernières semaines.
La console centrale reste très basique et paraît presque trop ancienne pour une voiture de 2026, mais l’ensemble fonctionne convenablement. On retrouve deux palettes derrière le volant afin de passer la boîte en mode manuel et de retrouver quelques sensations très plaisantes.
- Intérieur de BMW i4 M60, certes identique à notre M440i d’essai ! – Fabian Kirchbauer Photography
À l’arrière, l’espace est plutôt correct pour les jambes grâce au grand empattement, même si l’espace au-dessus de la tête est réduit en raison de la silhouette coupé. Le coffre est quant à lui assez accueillant avec un volume de 440 litres répartis sur la profondeur, un espace plutôt généreux pour le quotidien ou pour embarquer quelques bagages.
Un moteur bien connu et performant
Sous le capot, cette M440i abrite un moteur bien connu des aficionados de BMW : le B58. Ce dernier a déjà équipé plusieurs modèles de la marque tels que la M140i, le Z4 M40i, la M240i, la M340i, la 540i, la 840i… mais aussi la Toyota GR Supra 3.0. Autrement dit, des voitures plaisir et qui font du bruit ! On retrouve donc le 6 cylindres en ligne 3 litres ainsi qu’une boîte automatique ZF 8 rapports, le tout en transmission intégrale xDrive.
Ce moteur déploie 381 chevaux et est complété par une micro-hybridation qui lui permet d’atteindre un total de 392 chevaux. Cette dernière, composée d’une batterie 48 volts de 0,4 kWh, permet également de réduire légèrement la consommations et les émissions de CO2 de la M440i, et de fournir le couple très rapidement aux roues. Rappelons que la M440i a toujours été micro-hybridée, à 374 ch, alors que le facelift de l’auto voit de nouveau évoluer cette légère électrification de l’auto : plus de performances et moins de consommation ! Le génie des sorciers de Munich …
Le couple s’élève à 540 Nm qui peuvent être atteints à seulement 1900 tours, ce qui permet des départs particulièrement rapides et de boucler l’exercice du 0 à 100 km/h en quelques 4,6 secondes. Plutôt impressionnant pour un long coupé dont le poids dépasse les 1900 kilos.
Attachez vos ceintures
Une fois derrière le volant, impossible de résister à la tentation d’appuyer sur la pédale de droite, avec la même joie qu’un enfant s’amusant pour la première fois avec son nouveau jouet. Comme promis, le couple est immédiat et permet des sensations fortes dès les premières dizaines de mètres. Une fois lancée sur route, la M440i se montre très agréable et surtout très puissante.
Malgré son gabarit XXL, elle offre une sensation de légèreté grâce à un centre de gravité très bas grâce à la hauteur de la voiture et au placement du moteur. L’ensemble permet une excellente accroche à la route. Dans les courbes, l’auto se montre également à son aise. La direction est franche, précise et offre une aisance impressionnante même à une allure soutenue.
Le B58 se démarque
Côté sonorité, le B58 se montre comme toujours fort mélodieux et n’hésite pas à chanter lorsque la pédale de droite est enfoncée. On appréciera également les bruits de « pétarades » au moment de ralentir ou de rétrograder. Plaisir coupable. Un constat renforcé avec le mode Sport et le mode Sport Plus qui permettent d’exploiter au mieux les capacités de la voiture. Le couple immédiat permet également d’avoir des reprises très rapides et de ne jamais tourner au ralenti.
Et pour profiter encore plus des joies de ce moteur, les palettes au volant permettent de pousser les rapports à volonté et de retrouver les sensations d’une vraie voiture sportive. Elle est d’ailleurs sportive jusqu’au freinage, lequel se montre très réactif et permet de garder le contrôle sur la voiture sans qu’elle se laisse embarquer par son poids.
Le comportement de cet M440i est globalement très sain et n’est pas juste une démonstration de puissance. Bien moins agressif qu’une M2 ou une M4, il permet de rester maître de la voiture tout en se faisant plaisir.
Une polyvalence extrême pour la BMW M440i
Malgré ce côté plaisir qu’il est difficile à cacher (et à apprécier), cette M440i peut en effet se montrer très polyvalente. Grâce à son mode Eco Pro et sa micro-hybridation, la berline peut se faire discrète, à l’image de son look, lorsqu’elle roule en ville. À (très) basse allure, elle pourrait avoir l’air d’une hybride rechargeable tant elle se montre silencieuse, camouflant bien ses performances ahurissantes. Ses consommations à rythme modéré peuvent également rester très raisonnables pour un engin de cette taille et puissance ! De quoi élargir son potentiel et ses potentiels acheteurs.
Un tarif à six chiffres
Mais pour se l’offrir, il faudra débourser la somme de 78 300 euros hors option. Si le pack M-Sport est inclus de série, notre modèle d’essai se fait plaisir avec le volant chauffant (330 euros), le Pack M Sport Pro (2700 euros), le toit ouvrant (1600 euros) ou encore le Pack Innovation (3100 euros) qui comprend les aides à la conduite. Au total, il faut compter 19 130 euros d’options.
« Et ce n’est pas fini ». Comme évoqué en début d’article, le malus écologique n’est pas tendre, et la micro-hybridation ne permet pas à la M440i d’y échapper. Celui-ci s’élève en effet à 17 015 euros pour cette voiture, (on a vu pire !), et 2690 € de malus au poids ; ce qui porte son prix final à 118 682 euros au total. De quoi relancer le débat sur le lien entre l’argent et le bonheur ?
Photos : Anthony Mota & Arnaud Lescure pour Les 2 Ponts, intérieurs de Fabian Kirchbauer Photography pour BMW Group.


















0 commentaires