Le trail n’a jamais été aussi populaire qu’aujourd’hui. Partout à travers le monde, cette catégorie voit ses volumes de ventes exploser au détriment des roadsters. Polyvalentes par nature, caractérisées par une hauteur de selle plus importante, de grandes roues et la volonté de quitter le bitume, ces motos séduisent un public varié. Elles inspirent, en revanche, une certaine crainte aux motards de petite taille. Et l’essayeur écrivant ces lignes s’inclut évidemment dans cette catégorie. Le test, il y a maintenant un an, de la Can-Am Origin, avait déjà offert une première mise en bouche. Si la hauteur de selle de 865 mm n’avait pas été si problématique, c’était en grande partie grâce à sa motorisation électrique. Ne pas avoir à se soucier ni de l’embrayage, ni du sélecteur, est un luxe quand on est déjà inquiet de ne toucher le sol qu’avec la pointe des pieds au feu rouge.
Mais être journaliste impose également de sortir de sa zone de confort. Si les trails sont autant prisés, il convient d’essayer de comprendre pourquoi. Le choix est fait de se tourner vers la marque généraliste QJMotor qui nous avait déjà permis de découvrir l’univers – addictif – des customs avec sa SRV 600 V2. Son principal lancement 2026 est certainement la SRT 450 RX, un trail de moyenne cylindrée. Cherchant à prendre des parts de marché sur son puissant compatriote CFMoto et sa 450MT, la QJMotor vise également la Kawasaki 500 KLE – dont le tarif est supérieur d’à peine 200 euros –, la pas si récente Honda NB500 et même la toute nouvelle BMW F 450 GS – plus chère de 1 000 euros. Le segment des trails natifs A2 est bien garni, et le choix peut se faire sur quelques détails.
Grosse en photo, grosse en vrai
La QJMotor SRT 450 RX est bel et bien impressionnante pour une moto de cette cylindrée – qu’elle cherche ainsi à compenser. Son design n’apporte rien de révolutionnaire, ce qui ne l’empêche pas de faire effet : les jantes dorées à rayons, la belle couleur rouge, les protèges mains et le sabot de série, les barres de protection…

Le pneu avant est très fin, permettant de conserver une relative agilité malgré une roue de 21 pouces.
La moto fait 196 kilos avec tous ses pleins, mais elle donne l’impression d’être bien plus lourde. Son pare-brise est réglable manuellement, bien qu’il ne soit pas possible de beaucoup le relever. Il prend place au-dessus d’un phare LED étonnamment petit, accompagné d’une très réussie signature lumineuse en bâtons. Les feux antibrouillard, également de série, apportent un éclairage fort appréciable de nuit.
QJMotor a choisi d’ajouter des suspensions Marzocchi à grand débattement ainsi qu’une fourche inversée réglable et un amortisseur actionné par biellette.

Forcément, la finition de la partie visible du moteur n’est pas aussi soignée que sur les customs QJMotor. La présence d’un sabot ajoute du cachet.
Le conducteur retrouve également un écran TFT vertical de 5 pouces, connectable via Bluetooth. Le téléphone peut d’ailleurs être rechargé par deux différentes prises USB, dont la type-C.
Le guidon permet de contrôler le tableau de bord, qui indique même la pression des pneumatiques. Les poignées disposent de trois niveaux de chauffe, tandis que la selle est elle-aussi chauffante. Détail qui n’en est pas un, la gâchette d’appel de phare est très bien positionnée. Son usage est essentiel en interfiles, bien que les phares additionnels permettent déjà d’être plus facilement remarqué dans le rétroviseur des voitures.

La QJMotor SRT 450 RX propose deux modes de conduite et la suppression de l’ABS. Malheureusement, ces réglages ne s’effectuent pas en roulant.
Un trail pour ceux qui ne restent pas assis !
« Vous allez monter sur la moto, et si vous ne le sentez pas, on en reste là. » Prononcée avec humour par le très sympathique commercial de la concession Ormotors de Pierrelaye (Val D’Oise), cette phrase fait référence à une réalité surprenante : certains jeunes motards rêvent d’un trail, mais sont tétanisés une fois dessus. Ce n’est, heureusement, pas le cas de votre essayeur du jour. La hauteur de selle de 835 mm est compensée par une selle étroite nous permettant de poser un pied au sol, en appui. À première vue, nous sommes donc plutôt à l’aise, d’autant plus que les suspensions s’affaissent directement. Le premier élément perturbant la conduite n’est donc pas la hauteur mais bien l’embrayage anti-dribble, particulièrement souple, avec un point de patinage assez loin et surtout peu de sensation lorsqu’il est atteint. À l’inverse, le sélecteur de vitesses est précis et facilite les changements de rapports.

Le moteur bicylindre de 450 cm3 tire sur des rapports courts, ajoutant de grosses vibrations à haut régime.
Le plus gros défaut de cette moto intervient une fois qu’on s’y sent bien. Être en hauteur rassure, les protèges mains limitent le flux d’air froid sur les gants – un avantage en hiver, devenant un inconvénient lors des périodes caniculaires – et la roue avant de 21 pouces n’empêche pas les manœuvres agiles. Pourtant, la QJMotor SRT 450 RX n’est guère adaptée aux long-trajets. Ce n’est pas la faute de sa partie cycle, mais bien de sa selle. Indiqué comme étant « confortable » sur la fiche produit, le siège monobloc de ce trail est parmi les plus durs jamais essayés jusqu’à aujourd’hui. L’assise devient rapidement gênante pour n’importe quel motard habitué à plus de douceur pour son postérieur. Il convient donc de se relever, et de découvrir à quel point la SRT 450 RX se laisse facilement guider par le… guidon.
- La selle monobloc de la SRT 450 RX est, jusqu’à présent, la plus inconfortable testée.
Trop petite cylindrée pour l’autoroute ?
Malheureusement pour elle, la QJMotor SRT 450 RX n’a pas vraiment été testée en dehors des terrains battus. Quelques excursions à travers les champs confirment qu’elle aurait certainement beaucoup à offrir, mais nous laisserons cela aux plus expérimentés. Avoir trop d’égo en moto est certainement le meilleur moyen de se faire mal, dans le meilleur des cas.

Les pneus à crampons de ce trail peuvent avoir un comportement surprenant sur le bitume, et inquiétant sous la pluie.
Mis à l’épreuve en ville, le trail chinois a affirmé sa capacité à se faufiler malgré une largeur des poignées quelquefois handicapante entre deux bus. On ne se laisse pas embarquer dans les virages et seuls les pneus à crampons d’origine CST Ambro 4 mériteraient d’être laissés au garage. Les tétines modifient régulièrement la trajectoire, et le phénomène est aggravé lors des épisodes pluvieux. Un passage obligatoire par les pavés parisiens détrempés suffit à repenser la confiance prise dans la moto.

Puissant malgré la présence d’un seul disque à l’avant, le freinage d’urgence fait plonger la moto vers l’avant. C’est surprenant, la première fois.
Ayant fait beaucoup d’autoroute lors de notre essai, le moteur bicylindre en ligne de la SRT 450 RX a surpris par ses rapports tirant court. Ses accélérations, relativement linéaires malgré de petits à-coups récurrents, laissent une sensation étrange une fois passée la sixième vitesse. Sur routes privées, celle-ci tire de 130 à 172 km/h… entre 7 000 et 9 000 tr/min, avec une zone rouge atteinte dès 152 km/h. Autrement dit, rouler à la limitation maximale sur autoroute française impose un régime moteur très élevé et de nombreux tremblements. Entre la selle inconfortable, les capricieux pneus à crampons et les vibrations dans les marchepieds, le nouveau trail de QJMotor donne simplement envie de reprendre les départementales. Le tableau n’est pas noir pour autant, puisque l’étrier radial Brembo à quatre pistons offre un freinage puissant malgré un unique disque de 320 mm à l’avant.
- La sonorité de la QJMotor SRT 450 RX fait penser à celle d’une 600 cm3. C’est plaisant !
Une consommation étonnamment stable pour la QJMotor SRT 450 RX
En milieu urbain, le trail est parfaitement comparable à un SUV. Son architecture offre une hauteur rassurante, flattant l’égo au milieu de la circulation et permettant de franchir quelques limites du code de la route avec ses grandes roues. Ces deux catégories de véhicules offrent surtout un plaisir vicieux au passage des ralentisseurs, que les suspensions de la QJMotor absorbent avec malice. Nous aurions aimé que la selle en fasse autant, mais il est inutile de radoter. L’un des points forts de la SRT 450 RX concerne plutôt sa gourmandise. Forcément, avec un poids relativement élevé et des pneus à crampons, il ne fallait pas s’attendre à des miracles. Mais aussi étonnant que cela puisse paraitre, nos calculs établissent une consommation moyenne de 4,7 l/100 km lors de trois relevés différents. Le même résultat trois fois de suite ? C’est une constance inédite jusqu’à présent. À ce rythme, le réservoir de 18 litres assure théoriquement plus de 350 kilomètres d’autonomie.
- Si les accélérations sont assez linéaires, malgré un meilleur ressenti passé 7 000 tr/min, la QJMotor SRT 450 RX créée de nombreux à-coups d’injection.
Côté équipement : rouler en trail avec les gants Balmaz All Seasons de Furygan
Septembre, et encore plus à l’arrivée de l’automne, est peut-être la période la plus compliquée pour les motards franciliens. Il est possible d’enfourcher sa bécane sous 9° le matin, et de la reprendre en fin d’après-midi par 26°. Dès lors, difficile de choisir son équipement. C’est là que les affaires toutes saisons interviennent. Leur promesse n’est pas d’être idéales en hiver comme en été, mais de limiter la transpiration pendant les canicules et d’éviter l’acrocyanose lors des froidures. Ces équipements sont même économiques pour les petits budgets. Nous avons donc choisi les gants Balmaz All Seasons de Furygan, que nous préférons considérer comme une paire mi-saison. Composés en majorité de polyamide et de cuir de chèvre, ils ont une matière hydrofuge empêchant l’humidité de s’infiltrer. Ces gants ont répondu à toutes nos attentes, malgré leur zone tactile moins efficace que la paire été JET D3O de la même marque française.






























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