Carte blanche : Guillaume Cartal
Une silhouette difficile à classer
C’est probablement la première chose que je me suis dite en découvrant la IONIQ 3 : dans quelle catégorie faut-il vraiment la mettre ?
Elle est compacte, mais sa hauteur et sa silhouette lui donnent presque des airs de petit SUV. À certains endroits, son arrière assez vertical m’a même rappelé l’Audi A2. La ligne reste moderne et assez originale, sans pour autant tomber dans un design trop compliqué.
Notre modèle était une N Line Evo, le haut de gamme avec une présentation plus dynamique, notamment grâce aux jantes de 19 pouces et aux différents éléments spécifiques à cette finition. La IONIQ 3 compte d’ailleurs pas moins de 6 finitions !
Et personnellement, j’ai beaucoup apprécié la couleur de notre voiture d’essai. Selon la lumière, elle change vraiment d’aspect et donne beaucoup de caractère à la voiture.
Un intérieur moderne, sans être parfait
À bord, Hyundai a fait le choix d’un intérieur moderne et plutôt épuré.

La présentation est agréable et l’ergonomie m’a semblé assez intuitive. On retrouve rapidement les différentes fonctions et les informations importantes, notamment celles concernant la consommation et l’autonomie. Les finitions sont correctes, avec notamment des parties en similicuir et en Alcantara selon les équipements.
Je trouve cependant dommage que certains plastiques soient encore assez présents. Cela ne remet pas en cause la qualité générale de l’habitacle, mais sur une version N Line Evo située en haut de gamme, j’aurais apprécié un peu plus de soin à certains endroits.
Pour le reste, l’ensemble est bien pensé et surtout facile à utiliser.
Une IONIQ 3 agréable au quotidien
Une fois installé à bord, la IONIQ 3 se montre rapidement confortable.
La position de conduite est facile à trouver et la visibilité est bonne. Les différentes caméras, notamment la vision à 360°, facilitent également beaucoup les manœuvres.
C’est un point que j’ai particulièrement apprécié pendant l’essai : on prend très rapidement ses marques.

Les aides à la conduite sont également nombreuses et restent relativement simples à comprendre. Elles peuvent évidemment être désactivées lorsque l’on souhaite retrouver une conduite plus classique. Côté rangements et habitabilité, la voiture se montre également polyvalente.
Le coffre propose jusqu’à 441 litres avec la Megabox, ce qui permet d’avoir une capacité intéressante pour une voiture de ce gabarit.
Sur la route : place au confort
Pour réellement découvrir la voiture, nous avons pris la direction des routes autour de Saint-Émilion. Cela m’a permis de tester la IONIQ 3 dans plusieurs situations : ville, routes secondaires et voies plus rapides.
Et dès les premiers kilomètres, j’ai retrouvé ce qui caractérise vraiment cette voiture : la facilité. La direction est légère, les commandes sont faciles à prendre en main et la voiture se montre très agréable en ville.
Les accélérations sont suffisantes pour un usage quotidien et les reprises permettent de s’insérer facilement dans la circulation. Mais malgré son appellation N Line, il ne faut pas attendre de cette IONIQ 3 un comportement sportif. La version 61 kWh développe 135 ch et 250 Nm, avec un 0 à 100 km/h annoncé en 9,6 secondes et une vitesse maximale de 170 km/h. On est donc davantage dans une voiture polyvalente que dans une compacte sportive.
Une suspension un peu trop souple à mon goût
C’est probablement le point que j’ai le moins apprécié pendant l’essai.
La IONIQ 3 est confortable, c’est indéniable. Mais j’ai trouvé la suspension un peu trop souple, notamment avec cette finition N Line Evo. Sur les petites routes et en ville, cela reste agréable. En revanche, lorsque le rythme augmente, la voiture manque parfois un peu de maintien.
Personnellement, j’aurais préféré une suspension légèrement plus ferme, qui aurait pu mieux correspondre à l’image plus dynamique de cette version. Ce n’est évidemment pas un défaut rédhibitoire, surtout pour une voiture destinée principalement à un usage quotidien, mais c’est un point que je retiens de cet essai.
Une consommation qui m’a vraiment surpris
La belle surprise en effet, sur cette IONIQ 3. Pendant l’essai, j’ai régulièrement regardé l’ordinateur de bord pour voir ce que la voiture consommait réellement.
Sur un trajet de 121,7 km, la consommation affichée était de 15,3 kWh/100 km. Sur un autre trajet de 60 km, j’ai relevé 15,2 kWh/100 km.
J’ai également vu 15,6 kWh/100 km sur un court trajet, 14,7 kWh/100 km sur un autre et environ 15,5 kWh/100 km sur le trajet en cours. Évidemment, ces chiffres restent ceux de mon essai et dépendent des conditions de circulation, de la température, du parcours ou encore de l’utilisation de la climatisation.
Mais avec plusieurs relevés autour de 15 kWh/100 km, la tendance est intéressante. La IONIQ 3 se montre réellement efficiente.
Et pour une voiture électrique destinée à être utilisée tous les jours, c’est à mon sens beaucoup plus important qu’une accélération spectaculaire.
Une autonomie qui semble cohérente avec cette consommation
J’ai également pu observer l’estimation d’autonomie directement sur l’écran de la voiture.
À 61 % de batterie, la IONIQ 3 affichait environ 243 km d’autonomie restante. L’ordinateur estimait alors environ 427 km avec une batterie pleine.
Il faut évidemment prendre cette donnée pour ce qu’elle est : une estimation réalisée par la voiture à partir de la consommation précédente. Elle ne correspond pas à l’autonomie WLTP officielle.
Hyundai annonce jusqu’à 497 km WLTP avec la batterie de 61 kWh selon la configuration (jantes 16”). Dans les faits, mon essai montre surtout qu’une consommation autour de 15 kWh/100 km permet d’envisager une autonomie assez confortable pour les trajets du quotidien. On peut estimer le buffer de la batterie à 5%, typique des Hyundai et Kia : environ 58 kWh de capacité nette de la batterie, et notre valeur de 15 kWh/100 km donnerait environ 386 km d’autonomie totale (la N Line 61 kWh en 19” annonce 428 km d’autonomie mixte WLTP, et 15,5 kWh/100 km en moyenne, qui est bien aligné avec nos valeurs !).
La recharge : ce qu’annonce Hyundai
Sur la recharge rapide, Hyundai annonce 29 minutes pour passer de 10 à 80 % avec la batterie de 61 kWh sur une borne rapide, et un pic de charge à 110 kW. A noter, l’auto charge en 11 kW en alternatif, avec une option 22 kW.
Je précise cependant que je n’ai pas personnellement mesuré cette recharge pendant mon essai. L’écran de la voiture affichait de son côté une estimation d’environ 40 minutes pour passer de 61 % à 100 % sur une recharge haute puissance.
Cela peut sembler long au premier regard, mais les deux chiffres ne correspondent pas au même scénario.
Les 29 minutes annoncées par Hyundai correspondent à 10-80 %, tandis que les quelque 40 minutes affichées dans la voiture correspondent à une recharge allant de 61 à 100 %. Et comme souvent sur une voiture électrique, les derniers pourcents sont récupérés plus lentement afin de préserver la batterie.
Et sur autoroute ?
C’est là que mon ressenti est un peu différent.
Sur les petites routes et en ville, la IONIQ 3 est particulièrement agréable. Sur voie rapide, le confort reste bon, mais j’ai trouvé l’insonorisation un peu moins convaincante.
À partir d’environ 110 km/h, les bruits deviennent davantage présents dans l’habitacle. Ce n’est pas particulièrement gênant, mais cela semble notable sur les portions rapides.
Pour le reste, la voiture reste stable et rassurante.
Une voiture légère et facile à conduire
Autre élément intéressant : la sensation de légèreté. Les voitures électriques peuvent parfois donner une impression de lourdeur, notamment à cause du poids de leur batterie. Ici, la IONIQ 3 conserve un comportement assez naturel. Elle se place facilement, se manœuvre sans difficulté et reste agréable dans les changements de direction.
C’est aussi ce qui rend la voiture agréable en ville. Ajoutez à cela les caméras, le Park Assist et les différentes aides disponibles, et on obtient une voiture avec laquelle il est assez facile de vivre au quotidien.
Alors, citadine ou SUV ?
Après plusieurs kilomètres, je me suis finalement posé plusieurs fois la question.
La IONIQ 3 est suffisamment compacte pour être utilisée facilement en ville, mais son architecture et sa position donnent aussi une impression de petit SUV. Elle se retrouve donc un peu entre plusieurs catégories.
Et finalement, je pense que c’est plutôt une bonne chose. Cela lui permet de pouvoir intéresser différents profils : quelqu’un qui cherche une première voiture électrique, un couple, une petite famille ou simplement un conducteur qui veut une voiture facile à utiliser tous les jours.
Une N Line qui reste avant tout confortable
Le badge N Line peut également créer certaines attentes.
Avec ses jantes de 19 pouces et sa présentation plus sportive, on pourrait s’attendre à une voiture plus ferme et plus dynamique.
Ce n’est pas vraiment le cas. Et après l’avoir conduite, je pense qu’il vaut mieux voir la N Line comme une finition au style sportif, plutôt que comme une version réellement sportive.
Pour moi, ce n’est pas forcément un problème. La majorité des acheteurs de cette voiture rechercheront probablement davantage le confort et la facilité d’utilisation que les performances. Mais une suspension légèrement plus ferme aurait, à mon goût, rendu le cocktail plus équilibré.
Les équipements de notre modèle d’essai
Notre IONIQ 3 61 kWh N Line Evo était particulièrement bien équipée.
On retrouvait notamment :
• Jantes alliage 19 pouces
• Feux avant Matrix LED
• Éclairage d’ambiance LED personnalisable
• Système audio Bose
• Pompe à chaleur
• Toit vitré
• Toit contrasté noir
• Clé numérique avec smartphone
• Caméra 360°
• Park Assist
• Différentes aides à la conduite
• Équipements spécifiques N Line
Le véhicule présenté était affiché à 44 595 €, avec un tarif de base de 43 595 € pour cette configuration.


























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