Carte Blanche : Maxime Burro
Spoiler : on s’habitue assez vite à la Tesla Cybercab…
De passage à Austin (Texas, US), difficile de résister à la tentation. Certains font le détour pour un barbecue texan ou un chapeau de cow-boy. Moi, j’avais envie de monter dans une voiture où personne ne pourrait me demander : «Où est-ce que je vous dépose ?».
Première étape : télécharger l’application « Robotaxi ». On entre sa destination, puis on choisit entre deux ou quatre personnes. Lors de mon essai, l’option quatre places donnait accès à un Tesla Model Y, encore équipé d’un volant et de pédales, plus proche donc des concurrents et précurseurs Waymo et leurs Jaguar E-Pace.
Pour être sûr qu’on puisse bénéficier de la Cybercab, j’ai choisi l’option 2 places. Quitte à découvrir la conduite autonome, autant prendre la version qui assume le concept jusqu’au bout !
Un habitacle qui fait le vide
La réservation validée, la voiture vient me récupérer au point de prise en charge. Elle s’arrête là où elle gênera le moins la circulation, active ses warning et là, quand on s’approche, ses portes en élytre se soulèvent, on est plus qu’à quelques centimètres d’un voyage vers le futur.
Une fois à bord, on trouve de quoi s’occuper. YouTube, Spotify, Netflix et une dizaine de jeux vidéo. On peut se connecter à ses applications préférées et les piloter depuis l’écran ou son smartphone. Même la lumière d’ambiance se personnalise et peut s’adapter à la musique. Les réglages restent en mémoire, ce qui permet de retrouver ses préférences lors d’un prochain trajet sans avoir à se reconnecter à chaque course.
Fini de paramétrer nos préférences, on boucle sa ceinture ; on retrouve à l’intérieur un accoudoir, un porte gobelet (USA oblige), et le grand écran qui nous invite à démarrer la course.
C’est évidemment là que je l’attendais. Un salon connecté, c’est sympa. Une voiture capable de se débrouiller toute seule dans les rues d’Austin, c’est une autre affaire…
Sur un trajet d’une vingtaine de minutes aux heures de pointe, la conduite m’a paru fluide et naturelle. À aucun moment je ne me suis senti en danger. Ce ressenti ne nous empêche pas, par curiosité et habitude, d’analyser ce qui se passe autour de nous, mais il raconte assez bien l’expérience à bord : je n’ai pas passé la course à chercher une pédale de frein imaginaire. Le plus déroutant, c’est qu’il est impossible de voir ce qui se passe derrière nous. Pas de rétroviseur ni de vitre de hayon, seul le GPS nous indique si du trafic nous suit.
La Cybercab sait aussi composer avec ce qui se présente autour d’elle. Une voiture immobilisée en double file, feux de détresse allumés ? Elle la contourne et poursuit son chemin. Un piéton qui traverse hors du passage piéton ? Elle anticipe et le laisse passer. La prise d’initiative est surprenante et la Tesla ne se retrouve jamais dans l’embarras.
Ce qui frappe, c’est la vitesse à laquelle on s’y habitue. La voiture avance, prend ses décisions, et nous conduit à destination au point où l’on cesse de surveiller chaque mouvement, pour simplement profiter du paysage, terminer sa série ou entamer sa journée de travail dans son bureau mobile.
Le futur, au prix d’une course
Côté tarif, la course m’a coûté légèrement moins cher qu’un Uber, les pourboires en moins. On paie pour se rendre à une destination, pas pour une attraction futuriste.
Il reste une drôle de sensation en en descendant.
On montait dans la Cybercab pour observer une voiture conduire toute seule. On en ressort en réalisant qu’au bout d’un moment, on avait presque oublié de s’en étonner, et au bout de la cinquième course, on se demande comment on pourrait faire sans !
Arrivé à destination, le grand coffre s’ouvre tout seul si vous l’avez ouvert au début de la course, ce qui vous évitera d’oublier vos effets personnels. Deux grandes valises et deux bagages cabine peuvent se loger dans ce petit coupé deux places.
En prenant une Cybercab, je pensais être avant tout surpris de n’avoir aucun contrôle sur la situation, et finalement, c’est la facilité, la fluidité, et le plaisir de se laisser porter qui m’ont le plus marqué.
NB : A partir d’aujourd’hui, la Tesla Cybercab effectue une tournée de démonstrations en Europe. 12 étapes sont prévues, jusqu’au 17 janvier 2027. Zürich, Bratislava, Düsseldorf, Hambourg, Vienne, Prague, Munich .. et tant d’autres grandes villes vont accueillir la tournée. Mais la France, l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et le nord de l’Europe n’ont pas prévus de s’associer à la démarche pour le moment.













0 commentaires