Carte blanche : Guillaume Cartal
Une marque déjà bien implantée
Si Chery arrive seulement maintenant en France, le constructeur est loin d’être un inconnu dans le monde. Présente dans plus de 120 pays, la marque revendique plus de 4,5 millions d’utilisateurs et a vendu plus de 2,6 millions de véhicules en 2024.
Des chiffres qui montrent que Chery ne débarque pas en France pour tenter sa chance, mais avec déjà une solide expérience internationale. Reste maintenant à voir si cette réussite saura séduire les automobilistes français.
Tiggo 4 : Un Tiggo 4 pour venir chercher le Dacia Duster
Avec ses 4,32 m de long, le Tiggo 4 sera le plus petit modèle de la gamme Chery en France. Son positionnement est assez clair : venir chercher les automobilistes qui regardent aujourd’hui du côté des SUV compacts accessibles.
Et forcément, un modèle revient rapidement en tête : le Dacia Duster.
Le SUV roumain s’est imposé comme une référence lorsqu’il s’agit de proposer un véhicule polyvalent sans faire exploser le budget. Le Tiggo 4 devra donc trouver le bon équilibre pour venir lui prendre quelques clients.
Chery a choisi une motorisation hybride classique. Pas besoin de brancher la voiture pour profiter de l’électrique : le système permet de combiner moteur thermique et moteur électrique tout en conservant une utilisation relativement simple au quotidien.
Le constructeur utilise ici sa technologie CSH-H, pour Chery Super Hybrid, avec un travail annoncé sur la consommation, les performances et le silence de fonctionnement.
Le Tiggo 4 devra également composer avec le MG ZS Hybrid+, qui a lui aussi choisi la carte de l’hybride sans recharge et d’un positionnement tarifaire agressif.
Mais c’est précisément sur le terrain tarifaire que le Tiggo 4 jouera son avenir. Attendu à l’ouverture des commandes le 1er septembre, il pourrait faire très mal s’il associe un équipement généreux et une hybridation bien pensée à un prix d’attaque. C’est personnellement celui que j’attends au tournant.
Tiggo 7 : changer de catégorie, mais pas de stratégie
Avec ses 4,55 m, le Tiggo 7 monte d’un cran et vient se positionner sur le segment très disputé des SUV compacts.
Ici, la liste des concurrents devient beaucoup plus longue : Renault Austral, Peugeot 3008, Citroën C5 Aircross, Nissan Qashqai, Hyundai Tucson ou encore Kia Sportage.
Chery proposera deux versions du Tiggo 7 : une hybride classique et une hybride rechargeable.
Le premier choix permet de profiter de l’hybridation sans avoir à recharger la voiture. Le second vise plutôt les automobilistes qui peuvent brancher leur véhicule régulièrement et souhaitent effectuer leurs trajets quotidiens en électrique tout en conservant un moteur thermique pour les longues distances.
Sur le papier, le Tiggo 7 dispose donc de plusieurs arguments. Mais encore une fois, le prix risque de faire toute la différence.
Face à un Peugeot 3008 ou un Renault Austral, Chery ne dispose évidemment pas encore de la même image en France. La marque devra donc probablement compenser ce déficit de notoriété par une proposition particulièrement intéressante.
Et cela pourrait passer par l’équipement.
Si Chery propose un Tiggo 7 bien doté dès les premières finitions, avec une motorisation hybride et une garantie rassurante, le rapport prix/prestations pourrait devenir l’un de ses meilleurs arguments.
Pour le moment, c’est donc encore difficile de savoir si Chery cherchera à simplement être un peu moins cher que les généralistes, ou à les attaquer beaucoup plus franchement.
Une version hybride rechargeable pour le Tiggo 7
La version hybride rechargeable CSH-P du Tiggo 7 pourrait être encore plus intéressante à regarder.
Avec cette technologie, Chery cherche à permettre aux automobilistes de rouler en électrique sur leurs trajets quotidiens tout en conservant la polyvalence du thermique pour les longs parcours.
C’est une solution qui peut avoir beaucoup de sens pour une famille qui peut recharger à domicile. Mais l’hybride rechargeable a aussi un problème : son prix.
Une batterie plus importante, une motorisation plus complexe et davantage de technologie font généralement grimper la facture. Et c’est justement ici que Chery devra être très bien placée.
Face à lui, on retrouve notamment des modèles comme le Renault Austral E-Tech 4×4 hybride rechargeable, le Peugeot 3008 Plug-in Hybrid ou encore le Volkswagen Tiguan eHybrid selon les versions et les configurations.
Chery devra donc réussir à proposer un prix suffisamment intéressant pour que l’acheteur accepte de faire confiance à une marque encore nouvelle en France.
La garantie pourrait justement jouer en sa faveur. Chery annonce une couverture de 7 ans ou 150 000 km, avec jusqu’à 8 ans ou 160 000 km pour certains composants électriques et la batterie. Pour une nouvelle marque, c’est un argument qui peut rassurer.
Tiggo 8 : sept places pour les familles
Le Tiggo 8 est le plus grand modèle de cette première gamme française. Avec ses 4,72 m de long et ses sept places, le Tiggo 8 vise directement les familles, face aux Peugeot 5008 ou Renault Espace. Au-delà du tarif, l’enjeu majeur résidera dans son habitabilité : avec une capacité de chargement qui chute sous les 200 litres lorsque les sept sièges sont dressés, le compromis espace/modularité sera scruté à la loupe par les pères et mères de famille au moment de signer le bon de commande.
Sur le papier, le concept est en tout cas intéressant : un grand SUV familial, hybride rechargeable et richement équipé. Cela nous rappelle un certain MGS9 PHEV !
Une gamme 100 % électrifiée, mais pas 100 % électrique
C’est un point important à préciser.
Chery annonce une gamme 100 % électrifiée pour son arrivée en France, mais cela ne signifie absolument pas que les trois Tiggo sont électriques.
Le Tiggo 4 sera hybride. Le Tiggo 7 sera disponible en hybride et en hybride rechargeable, tandis que le Tiggo 8 sera proposé en hybride rechargeable. Aucun modèle 100 % électrique n’est annoncé pour le lancement français de la marque.
Chery fait donc le choix de l’hybridation plutôt que celui du tout électrique.
Une stratégie qui peut se comprendre dans le contexte actuel. Certains automobilistes veulent réduire leur consommation et profiter de l’électrique, mais ne sont pas encore prêts à abandonner complètement le moteur thermique.
L’hybride rechargeable permet également de conserver cette polyvalence pour les grands trajets.
Le prix comme véritable arme
C’est finalement le point qui revient sur les trois modèles.
Chery veut proposer des voitures modernes, bien équipées et électrifiées, mais cela ne sera réellement intéressant que si le tarif suit.
Pour le moment, les prix français des Tiggo n’ont pas encore été dévoilés. La marque doit ouvrir les commandes le 1er septembre 2026, ce qui devrait permettre d’en savoir davantage très prochainement. Et personnellement, je pense que Chery a intérêt à être agressive.
Une nouvelle marque ne bénéficie pas encore de la même confiance qu’un Renault, un Peugeot ou un Volkswagen. Elle doit donc donner une bonne raison à l’automobiliste de franchir le pas.
Un tarif bien placé, une garantie importante et un niveau d’équipement généreux peuvent justement permettre de compenser cette différence.
C’est d’ailleurs une stratégie que l’on a déjà vue chez plusieurs nouveaux constructeurs chinois arrivés en Europe.
Chery arrive dans un marché qui a déjà changé
Chery n’arrive pas dans une France où les constructeurs chinois sont encore inconnus.
MG s’est déjà fait une place dans le paysage automobile, BYD accélère son développement et Geely commence également à installer ses modèles dans l’Hexagone. Omoda et Jaecoo, qui appartiennent au même groupe que Chery, développent eux aussi leur présence.
Cela signifie que les automobilistes commencent progressivement à avoir moins de réticences à regarder du côté des marques chinoises.
Mais cela signifie aussi que Chery devra se battre pour exister face à des concurrents qui ne sont plus totalement nouveaux.
Le constructeur dispose néanmoins d’un argument : il arrive directement avec trois SUV couvrant plusieurs catégories importantes du marché.
Un réseau pour rassurer les Français
Le prix ne sera toutefois pas le seul élément déterminant.
Pour une marque nouvelle, le réseau et le service après-vente sont également essentiels. Chery annonce plus de 50 points de vente et réparateurs agréés au lancement, avec l’objectif de dépasser les 90 sites d’ici la fin de l’année.
La marque veut également rassurer avec sa garantie de sept ans ou 150 000 km.
Ce sont des éléments importants pour un automobiliste qui s’apprête à acheter une voiture d’une marque qu’il connaît encore peu.
Parce qu’un bon prix peut convaincre d’acheter une voiture, mais c’est la capacité du constructeur à accompagner son client pendant plusieurs années qui permettra de créer une véritable confiance.
Mon avis personnel :
Je trouve l’arrivée de Chery particulièrement intéressante à observer, surtout parce qu’elle intervient à un moment où le marché français change rapidement.
Les marques chinoises ne se contentent plus de proposer quelques modèles électriques à côté des constructeurs historiques. Elles arrivent désormais avec des gammes complètes, des SUV familiaux, de l’hybridation et surtout des équipements qui peuvent faire réfléchir les acheteurs.
Mais dans le cas de Chery, je pense vraiment que le prix sera la clé.
Le Tiggo 4 sera celui qui aura probablement le plus à gagner avec un tarif agressif face au Dacia Duster et au MG ZS Hybrid+. Le Tiggo 7 devra démontrer qu’il peut être une alternative crédible aux 3008, Austral et autres SUV compacts généralistes. Et le Tiggo 8 devra réussir à proposer une vraie alternative familiale face aux 5008, Espace et Kodiaq.
En clair, le succès de Chery ne dépendra que d’une seule variable : sa grille tarifaire. Si la marque dégaine des prix agressifs pour contrer le Duster, séduire face aux généralistes et tacler les grands monospaces, elle s’imposera durablement.
Réponse dès l’ouverture des carnets de commande.







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