Premier contact avec la Clio 6

A défaut de donner de l’allure à la Clio 6, les jantes de 16 pouces ont le mérite de ne pas dégrader le confort – (C) Hatem BEN AYED
C’est la nouvelle Clio ? Comme elle est belle ! Si son style a fait couler beaucoup d’encre sur les forums et les réseaux sociaux, force est de constater que nos deux Clio rencontrent un succès certain auprès du grand public. La première à nous avoir valu une salve de compliments a été la version E-Tech en finition Techno. En dépit de ses petites jantes de série qui étaient en 16 pouces, cette dernière pouvait compter sur son magnifique Vert Absolu – la seule couleur gratuite du catalogue – afin de capter les regards.
La motorisation TCe, également en finition Techno, n’était pas en reste. Ses belles jantes optionnelles de 18 pouces lui donnaient une fière allure en dépit d’une teinte plus classique. Son beau gris Rafale, facturé à 700 €, semblait plus qualitatif et moins sujet à l’effet peau d’orange que le vert de l’E-Tech.
Une rupture stylistique
Il faut dire que cette nouvelle Clio avait de bonnes raisons de surprendre les non-initiés. Après une 5e génération qui était stylistiquement très proche de la Clio 4, Renault a fait le choix de marquer une rupture brutale. Lors de sa courte pige chez Renault, Gilles VIDAL a eu le temps de donner naissance à la nouvelle Renault 5 et à cette nouvelle Clio.
Il n’est pas difficile de retrouver la patte de l’ancien directeur du style de Peugeot. Certains éléments forts de cette nouvelle Clio se retrouvent également sur la Peugeot 208, sa grande rivale. Nous pensons notamment aux arches de roues de couleur noire laquée ou encore à la face avant très agressive avec sa calandre aux dimensions particulièrement généreuses. Cette calandre est d’ailleurs frappée de multiples losanges. Les flancs de la voiture sont également très travaillés donnant une allure musclée à cette voiture stratégique pour le constructeur de Boulogne-Billancourt.
Il est naturellement difficile de parler du style de cette Clio 6 sans évoquer les optiques. À l’avant, les phares LED se limitent à une simple lentille incorporée dans un masque noir simulant un regard agressif. A l’arrière, les feux ne sont guère plus grands. Ils se composent de deux éléments de forme ovoïdes qui évoquent les feux ronds de certaines sportives transalpines des années 70 et 80. Si ce choix donne une poupe arrière assez massive, elle a néanmoins le mérite de faire l’impasse sur le bandeau lumineux qui relie les deux feux arrière.

Que cela soit à l’avant ou à l’arrière, les optiques de la Clio se limitent à l’essentiel – (C) Hatem BEN AYED
Un habitacle high-tech

L’habitacle offre tout le confort d’une voiture moderne et un équipement assez riche. Seule la qualité des matériaux déçoit – (C) Hatem BEN AYED
L’habitacle se veut moderne et dans l’air du temps. Il embarque deux écrans de 10,1 pouces disposés en V. Le premier fait face au conducteur et affiche les informations essentielles à la conduite comme le compteur de vitesse, le niveau de carburant et de charge de la batterie, le mode de conduite, etc… L’autre écran permet d’accéder au système multimédia Open R Link avec Google intégré. Plutôt intuitif et bien conçu, il permet d’accéder à la radio et à ses réglages, au GPS ainsi qu’aux paramètres du véhicule.
- Les divers modes d’affichage de l’écran conducteur
- Sélecteur de commande de la boite de vitesses, sur l’E-Tech Hybrid
À bord de cette Clio, on se sent plutôt bien. On trouve assez facilement une bonne position de conduite et l’ergonomie est bonne. Le petit volant carré tombe plutôt bien sous la main et il est agréable à manier. Outre les principales commandes au volant, il embarque un bouton Multi-Sense qui permet de changer le mode de conduite. L’incontournable satellite est encore et toujours de la partie. Cette commande de la radio placée derrière le volant à portée de la main droite est toujours aussi intuitive à manipuler. C’est basique, simple et efficace !
L’éclairage d’ambiance sur les contre-portes et face au passager apporte une petite touche de gaieté dans cet habitacle aux couleurs plutôt sombres. Par défaut les couleurs dépendent du mode de conduite. Vert en mode Eco, bleu ciel en Confort et rouge lorsque le mode Sport est activé. Il est naturellement possible de personnaliser sa couleur d’ambiance grâce à une palette de 48 couleurs.
Une Renault agréable à vivre

La Clio continue de grandir ! Elle mesure désormais 4,12 m de longueur. – (C) Hatem BEN AYED
Avec 4,12 m de longueur pour 1,77 m de large, cette 6ème génération permet à la Clio de poursuivre sa croissance. Si la première génération avait tout d’une grande, il est désormais possible de se demander si ce nouvel opus n’est pas elle-même devenue grande ! En tout état de cause, l’habitabilité se montre suffisante pour une petite famille. Un adulte trouvera assez de place afin de loger ses jambes et sa tête à l’arrière, la garde au toit étant également bonne.
Avec un volume de 391 L, le coffre offre une contenance satisfaisante. Si le seuil de chargement a été abaissé de 40 mm par rapport à la mouture précédente, il demeure cependant encore un peu trop haut lorsque l’on veut se délester d’objets lourds.
Alors que la Clio semblait partie pour faire un sans-faute au chapitre de la vie à bord, le niveau de finition a rapidement capté notre attention. Renault a usé et abusé des plastiques durs à bord de sa nouvelle citadine polyvalente. Si l’on devine la volonté de contenir les prix, le choix des matériaux reste discutable lorsque l’on sait que l’écart en matière de qualité perçue se réduit considérablement avec la marque low-cost du groupe. La star du losange se rattrape néanmoins par son équipement déjà bien fourni sur cette finition Techno.

Le coffre offre un volume de 391 litres mais le seuil de chargement reste un peu trop haut – (C) Hatem BEN AYED
Outre le système multimédia précédemment mentionné, la dotation de série inclut la commande vocale, les 4 vitres électriques, la climatisation automatique, les jantes aluminium, la carte mains libres ou encore la caméra de recul ainsi qu’un système audio Harman Kardon et la caméra 360° qui est enfin en haute définition. Les incontournables ADAS sont également de la fête. La Clio en propose jusqu’à 29 mais Renault a mis au point un bouton magique baptisé « My Safety Switch », commun à Dacia. Situé à gauche du volant, il permet de désactiver d’une simple pression toutes les aides non désirées. Notre version essence disposait d’une petite coquetterie dont se passait notre E-Tech : le pack Hiver. Cette option permet notamment de profiter des sièges et du volant chauffants qui sont toujours fort utiles lors de la période hivernale.
Côté rangements, cette 6ème génération propose une classique boîte à gants, des bacs de portières mais aussi, pour les versions à boîte automatique, un rangement fermé par un couvercle souple articulé sur la console centrale. L’habitacle embarque également deux prises USB-C et peut recevoir un chargeur à induction.
Des prestations dynamiques exemplaires
Sur la route, la Clio TCe et l’E-Tech font étalage de leurs talents. Basée sur une plateforme CMF-B, à l’empattement rallongé et aux voies élargies, nos deux versions proposent d’excellentes prestations dynamiques. Le train avant est précis et réactif ; l’arrière suit sans broncher. Le roulis est également parfaitement maîtrisé tout en offrant un très bon niveau de confort. Avec seulement 2.6 tours de butée à butée, la direction est assez directe et permet de placer correctement la voiture en courbe. La version essence se montre d’ailleurs un poil plus dynamique sans doute en raison d’une mécanique qui pèse moins sur le train avant. Cette sensation de légèreté s’est également fait sentir au niveau de la direction. La version E-Tech proposait un très bon compromis en mode Normal ou avec un effort de direction moyen. Ni trop lourde, ni trop légère, elle s’accommodait aussi bien d’une conduite paisible que d’une conduite dynamique. A l’inverse, le mode Sport (ou l’effort de direction élevé) se montrait beaucoup trop lourd et finalement peu agréable même en conduite dynamique. Paradoxalement, ce mode Sport est celui qui offrait le meilleur feeling, notamment en cas de conduite sportive, au volant de la TCe.
Sur le plan de l’amortissement, nos deux Clio ont également affiché leur différence. Si le niveau de confort était globalement très satisfaisant, la Clio hybride nous a semblé un peu plus ferme que la TCe. Cette dernière payait néanmoins sa surmonte pneumatique. Si les belles jantes Rythmic chaussées de pneus taille basse en 205 de large confèrent un meilleur look à cette Clio 6, elles ont néanmoins tendance à légèrement dégrader le confort dès que la route se fait moins lisse. Ce n’est pas l’enfer, mais afin de profiter pleinement du confort de cette nouvelle Clio, il vaudra mieux se contenter des jantes Dynamo livrées de série.
Ces différences trouvent naturellement une explication technique. Les suspensions de la version E-Tech ont été durcies afin de mieux supporter les 116 kg supplémentaires engendrés par son gros 1.8 et ses deux moteurs électriques. La barre anti-roulis avant bénéficie également d’un réglage spécifique.
Clio 1.2 TCe : Un moteur déjà convaincant

Le 1.2 TCe affiche une courbe de couple plate entre 1750 tr/min et 4000 tr/min ce qui dénote d’une belle élasticité – (C) Renault
Avec son 3 cylindres de 115 ch, le 1.2 TCe n’a rien d’une Clio au rabais. Agréable à rouler en ville, grâce à ses 190 Nm disponibles dès 1750 tr/min, il est capable de reprendre en 3ème à 30 km/h à la faveur de premiers rapports plutôt courts. À notre grande surprise, nous nous retrouvons à évoluer en ville en restant dans la zone éco, à savoir entre 1500 et 2500 tr/min. Dans ces conditions, le bloc fait valoir sa douceur et son agrément. Sur route et autoroute, cette motorisation anime la Clio avec un certain brio. À vitesse stabilisée, il se distingue par son silence de fonctionnement, le moteur tournant seulement à 2500 tr/min en 6ème à une vitesse de 130 km/h.
Si cet étagement long des rapports finaux favorise le confort acoustique et les consommations, cela se fait néanmoins au détriment des reprises. Il faut donc jouer du levier afin de tirer la quintessence de cette TCe. Fort heureusement, la commande de boîte se montre assez précise même si le verrouillage des rapports est un peu ferme.
Mené à la cravache, le 3 cylindres fait preuve de bonne volonté et même d’une certaine vivacité. Ce moteur donne sa pleine mesure à partir de 3500 tr/min avant de s’effondrer aux abords de 6000 tr/min. Avec un 0 à 100 km/h abattu en 10,3 s et un 1000 m départ arrêté donné pour 31,7s, la Clio essence offre des accélérations suffisantes afin de s’insérer sur les voies rapides en toute sécurité. Le Multi-Sense permet de lui donner un peu plus d’allant en mode Sport ou à l’inverse de calmer son tempérament en mode Eco. Finalement, le seul véritable défaut de ce bloc est sa fâcheuse tendance à partager ses vibrations au ralenti : ce 1.2 TCe est privé de l’arbre d’équilibrage des déclinaisons micro-hybrides supérieures.
Clio E-Tech : la force tranquille

La poupe arrière de la Clio 6 divise les amateurs – (C) Hatem BEN AYED
La version E-Tech a représenté jusqu’à 30 % des ventes de Clio sur la génération précédente. Occupant une place importante dans la gamme, la Clio hybride doit non seulement offrir des prestations convaincantes mais aussi marquer un progrès par rapport à sa devancière. Avec 160 ch, la Clio E-Tech pouvait laisser entrevoir la promesse d’une voiture dynamique. Autant vous le dire tout de suite, cet espoir sera rapidement douché ! Cette Clio E-Tech est plus tournée vers l’efficience énergétique que vers le plaisir de conduite. Associant deux moteurs électriques à un moteur 1.8 essence de 109 ch à injection directe et cycle Atkinson, elle brille par sa sobriété. Sur l’ensemble de notre essai, notre consommation moyenne a été de 4,2 l/100 km contre 6 l/100 km pour la 1.2 TCe. Avec une conduite économique, nous sommes même parvenus à tomber à 3,8 l/100 km (et jusque 3,1 l/100 km en ville !). La promesse d’une économie de carburant pouvant atteindre 40 % par rapport à une version essence est donc tenue. Afin de contenir sa consommation, la nouvelle Clio a visiblement soigné son aérodynamique avec un Cx annoncé à 0,30.
La sobriété n’est évidemment pas la seule qualité de l’E-Tech. Les premiers tours de roues se font en mode EV dans un silence royal et un agrément total. Le silence n’est néanmoins que de courte durée. Avec une batterie de seulement 1,4 kWh, l’autonomie en full électrique est limitée ce qui oblige le moteur essence à démarrer afin de recharger la batterie. Si cette opération se fait en douceur et sans à-coup, elle n’est en revanche pas transparente sur le plan phonique. En dépit d’une insonorisation assez soignée, le 1789 cm3 se montre assez bruyant. Plus que le volume sonore, c’est la sonorité, similaire à celle d’un vieil Indenor, qui nuit à la quiétude des occupants.
En dehors de ce handicap, la Clio E-Tech se montre performante sans être démonstrative. Cette force tranquille abat le 0 à 100 km/h en 8,3 s tandis que le 1000 m départ arrêté est effectué en moins de 30 s. Sans avoir l’air d’y toucher, cette hybride se montre performante. Ses reprises sont également plus énergiques que celles de la Clio TCe. Les 270 Nm disponibles très tôt offrent un certain confort de conduite qui est appréciable sur cette Clio. À l’inverse de la TCe, cette E-Tech n’a nullement besoin d’être brusquée et cela tombe plutôt bien car elle n’apprécie pas spécialement une conduite sportive.
La boîte à crabot : le choix audacieux de Renault

La Clio E-Tech affiche un appétit modéré. Nous avons mesuré une consommation inférieure à 4L/100 km – (C) Hatem BEN AYED
Outre les modes Eco, Confort et Sport, le Multi-Sense propose un mode Smart particulièrement redoutable. En fonction du style de conduite, ce dernier va opter pour le mode le plus adapté. Plutôt réactif, il passe instantanément du mode Eco au mode Sport s’il détecte une forte sollicitation du pied droit ou s’il détecte une conduite dynamique au niveau de la direction. En revanche, il lui faut parfois un peu (trop) de temps afin de quitter le mode Sport. Assez efficace, cette fonction Smart a finalement obtenu nos faveurs sur la fin de notre essai. Cette fonctionnalité est spécifique à la Clio hybride, la motorisation essence troquant le mode Smart pour un mode Perso plus classique. Autre différence notable entre nos deux Clio : la TCe démarrait systématiquement en mode Confort tandis que l’E-Tech gardait en mémoire le dernier mode utilisé.
A l’inverse de la majorité des constructeurs qui ont fait le choix d’équiper leurs hybrides d’une boîte à variation continue, Renault a opté pour une boîte à crabot à 6 rapports (4 pour le thermique et 2 pour l’électrique). Ce choix audacieux a les qualités de ses défauts. Les montées en régime du moteur sont plus franches et naturelles qu’avec une boîte CVT mais les changements de rapports ne sont pas imperceptibles. Ainsi, après un 0 à 60 plutôt lisse, l’E-Tech connaît un petit coup de boost jusqu’à 90 km/h puis à 112 km/h intervient un changement de rapport qui lui permet de repartir de plus belle jusqu’aux allures légales. Bref, ce modèle, qui marque un progrès par rapport à la précédente mouture, s’apprécie plus pour sa douceur et son efficacité. Il convient d’ailleurs de souligner que cette hybride est capable de rouler en full électrique jusqu’à 110 km/h.
Le freinage : E-Tech et TCe marquent leur différence

La finition Techno, peut recevoir en option, ces belles jantes Rythmic contre un supplément de 600 € – (C) Hatem BEN AYED
Le freinage se montre au diapason du reste de la voiture. Toutes deux équipées de 4 freins à disques, nos deux Clio ont, encore une fois, affiché leur différence. La Clio version hybride proposait une pédale de frein assez dure et difficile à doser. En revanche, son freinage se montrait aussi puissant que stable. La puissance était également au rendez-vous pour la version thermique et cette fois-ci la pédale se montrait beaucoup plus collaborative. Plus facile à doser, débarrassée de la récupération d’énergie à gérer, elle offrait un meilleur feeling. Néanmoins, en dépit de ses roues plus larges et plus rigides, le freinage nous a semblé moins stable. La faute en revient sans doute aux pneumatiques à faible résistance au roulement.
Une Clio bien placée sur son marché

La Clio E-Tech ainsi que la TCe avec la boîte EDC, se décline aussi en finition Esprit Alpine – (C) Renault
On ne peut naturellement pas boucler cet essai sans parler des tarifs. La gamme Clio débute à 19 900 € pour une 1.2 TCe 115 ch en finition Evolution. La version E-Tech demandera un effort supplémentaire de 4700 € en finition Evolution. Un tarif finalement bien placé par rapport à ses rivales. La vénérable Volkswagen Polo nécessite d’opter pour la finition Style pour pouvoir accéder au 1.0 TSI de 116 ch. Il faut donc débourser 29 390€ afin d’obtenir un niveau de puissance équivalant à celui de la nouvelle Clio.
La 208, quant à elle, attaque à 18 180 €. Le prix d’appel est inférieur à celui de la star du losange mais il faut composer avec le 1.2 Turbo de 100 ch, boite mécanique. La version 110 ch, qui bénéficie d’une hybridation, débute à 21 470 € tandis que l’Hybrid 145 est facturée 24 330 € en finition Allure. Les tarifs de la Clio sont donc assez similaires à ceux de sa principale rivale.
Sa finition Techno offre un équipement assez complet, mais demande un effort supplémentaire de 4000€ en essence et 3000 € en hybride. Les deux motorisations sont également disponibles en finition « Esprit Alpine » à la présentation plus sportive. La facture grimpe alors à 28 100€ pour la TCe 115 qui doit obligatoirement troquer sa boîte 6 contre une transmission EDC et à 29 300 € pour l’E-Tech 160 ch.


















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