McLaren W1 : une hypercar débridée mais qui pardonne
Faisons d’abord le tour du propriétaire? avant de plonger dans le dur. La nouvelle McLaren W1 est plus qu’une évolution de la précédente P1, sortie en 2013, et qui faisait partie de la “Sainte Trinité” des hypercars hybrides avec la Ferrari LaFerrari et la Porsche 918 Spyder. C’est une véritable claque que le constructeur britannique cherche à asséner à la concurrence. Le châssis réalisé sur la structure en carbone Aerocell est directement inspiré de la compétition pour diminuer le poids de la bête et rigidifier l’ensemble : de quoi permettre des passages en courbe plus rapides que jamais. Il accueille en position centrale arrière un V8 bi-turbo hybride développant 1 258 ch et 1 340 Nm de couple grâce à un e-module dérivé de celui utilisé en Formule 1. L’exercice du 0 à 100km/h est complété en seulement deux secondes, bien plus qu’il ne vous en faut pour lire le titre de l’article. On est quasiment rendu dans le territoire de la Tesla Model S Plaid avec ses 1,9 secondes.
A l’extérieur, la ligne est évidemment fortement inspirée de celle de sa grande sœur, malgré un aspect plus pointu et encore moins subtil au niveau de l’arrière. Au bout d’une gigantesque grille d’aération se déploie un aileron actif à angle variable. Plus bas, la sortie d’échappement atypique de la P1 est ici divisée en deux sur la W1. La signature lumineuse a quant à elle bien changé, puisqu’en lieu et place des courbes affinées de la P1, nous retrouvons ici deux lignes acérées complétées chacune par un petit feu en dessous de la carrosserie protubérante.
- Un design inspiré à mi-chemin entre les McLaren P1 et F1
- La ligne générale de la McLaren W1 fait écho à sa grande soeur
- L’immense aileron arrière actif apporte jusqu’à 1 000kg d’appui
- Le nouveau profil vient casser la ligne lumineuse
A l’intérieur cette fois, la W1 se positionne clairement comme une voiture de course, avec ses baquets fixes dont la sellerie se développe sur l’ensemble du tableau de bord ainsi que sur les portières. Portière qui s’ouvrent d’ailleurs en élytre, c’est à dire vers le haut : elles se décalent légèrement sur le côté avant de s’envoler et de se retourner sur leur axe horizontal dans les airs. A part l’écran tactile monté verticalement de 8 pouces, aucune fioriture ne vient encombrer la vue du conducteur. La fibre de carbone se lie harmonieusement avec l’alcantara, toutes les informations sont disponibles sur le tableau de bord : température du liquide de refroidissement, vitesse, température des pneus, rien ne manque à l’appel à priori. Puisque McLaren a fait le choix de la structure en fibre de carbone et de la réduction de poids, peu de réglages sont disponibles pour le conducteur. Vous pouvez simplement déplacer le volant et les pédales, pas de réglage électrique du siège et encore moins de résistances qui réchauffent le dos. Un choix également étonnant réside dans la volonté du constructeur d’intégrer une direction et un freinage hydrauliques au lieu d’utiliser des systèmes électriques Steer-by-wire ou Brake-by-wire comme dans la plupart des hypercars récentes. Il en résulte un feeling direct, qui demande de la concentration et de l’engagement de la part du pilote, en le récompensant par une sensation intense de maîtriser la machine et non l’inverse.
Une McLaren polyvalente ou un jouet de circuit ?
A la vue des différents modes de conduite, nous pouvons au premier abord supposer que la McLaren W1 s’adapte à chaque utilisateur comme c’est la norme. Il y a effectivement un mode Road, un mode Race, et un mode Sprint qui permettent entre autres de régler la hauteur de suspension. Suspensions qui sont d’ailleurs réglables en mode Confort, Sport et Race. Toutefois, toute inquiétude est vite balayée par les performances réelles de la W1. Si l’hypercar britannique n’est pas complètement sauvage, elle laisse suffisamment la main au conducteur pour qu’il puisse extraire toutes les performances de la voiture sur circuit. Le mode Sprint envoie notamment plus de couple vers l’arrière et réduit nettement la limite de déclenchement du contrôle de traction pour laisser la main à un pilotage authentique et performant. Le moteur rugit jusqu’à 9 200 tr/min et les 342 ch supplémentaires envoyés par le moteur électrique propulsent la W1 hors des courbes avec une efficacité phénoménale. L’aileron actif Longtail permet d’ajouter jusqu’à 1 000kg d’appuis aérodynamique, ce qui la rend d’autant plus performante à mesure que les vitesses atteintes sont hautes. Pour freiner l’engin, les étriers six pistons Brembo font largement l’affaire en poussant avec la puissance d’un colosse les plaquettes sur les disques de 390mm.
La McLaren W1 sera vendue à 399 exemplaires seulement à partir d’un prix estimé de 2 000 000€ (hors malus en France évidemment) d’ici la fin de l’année.














0 commentaires